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philosophie

  • le Mythe de Sisyphe

    Dans la mythologie grecque, Sisyphe, Roi de Corinthe, accueillit un jour les Dieux de l'Olympe lors d'un banquet. Il chercha longtemps le meilleur mets pour leur servir, et ne trouva rien de mieux que la chair de ses propres enfants. Lorsque les Dieux l'apprirent, ils entrèrent dans une colère noire et le condamnèrent à un châtiment exemplaire pour l'éternité : il fut condamné à faire remonter, chaque matin, un énorme rocher au sommet d'une dune de sable. Cela lui prenait toute la journée, et au matin, le rocher redévalait la pente, pour qu'ainsi le châtiment soit recommencé inlassablement.

    Ces derniers temps, je me surprends à songer, comme Leibnitz ou Spinoza, que l'existence humaine toute entière est semblable à ce châtiment, à errer sans but, sans objectif, à recommencer inlassablement les mêmes gestes chaque jour. Une continuité invariable, une affreuse ligne courbe qui revient à son point de départ sans aucune autre cause ni explication que son éternelle présence.Mais considérer cette éventualité pousse à se poser une question dont les réponses sont peut-être plus effrayantes encore: que nous reste-t-il d'autre?

  • Ego me absolvo

    La question de l'existence d'une entité supérieure est inhérente à l'espèce humaine, et probablement toute espèce ayant conscience-et peur- de sa propre mort.

    Il faut croire que l'existence ici-bas ne contient en elle-même pas assez de sens ou de justification, pour que l'homme se croie obligé de s'inventer une causalité dans sa venue au milieu d'un cycle sinon bien rôdé. En effet, le paradoxe réside dans le fait que, d'un point de vue strictement systémique, l'humanité  utilise plus de ressources qu'elle n'en apporte, étant constamment obligée de se déplacer ou de modifier en profondeur son environnement, alors que les autres espèces s'adaptent naturellement ou meurent. Le fait de construire un building pour s'abriter du froid ne constitue en effet pas à proprement parler une adaptation de l'espèce, mais bien la destruction consciente et le remplacement de biotopes existants pour le modeler à l'image de l'homme.

    Les ours ont développé un pelage polaire en étant soumis aux conditions de vie drastiques des pôles, les animaux du désert ont élaboré des techniques impressionnantes de conservation d'humidité, qui stupéfieraient les Fremen eux-mêmes...toutes ces espèces ont suivi la loi de l'évolution ou ont disparu.Sauf l'homme.
    De là penser que sa venue est accidentelle, et que, conscient de cet état de choses- même s'il l'est à un niveau très enfoui, l'homme aie voulu se trouver littéralement une "raison d'être", il n'y a qu'un pas.

    Quoi de plus commode, que de s'inventer un Dieu invisible, pour se dédouaner de ses actions? Quoi de plus simple que de refuser à se créer soi-même sa propre destinée et se cherchant en but? C'est tellement plus évident, rassurant;de se dire qu'une entité transcendante guide cette bille minuscule lancée à pleine vitesse dans l'espace, accomplissant une révolution tous les 365 jours et un quart, et réunissant -ô coïncidence- toutes les conditions calculées avec une précision ahurissante pour que naisse le seul miracle visible par tous : la vie?

    En tant que tel, le dogme est séduisant. Plus besoin de se responsabiliser "c'est Dieu!" ou encore plus facile "Ah, si c'est le mal, alors c'est le Diable". La religion, quelle qu'elle soit, n'est rien d'autre que le moyen qu'a trouvé l'être humain pour se décharger du poids de sa conscience, quand il en a une. Si la religion voulait réellement le bien d'autrui, comment expliquer qu'au fil des siècles, elle aie tué plus d'êtres humains que toutes les maladies réunies?Il n'existe aucune vérité supérieure, l'univers a été créé dans une fournaise inimaginable avec déjà en son sein, les paramètres qui allaient rendre possible les galaxies, les étoiles, les planètes...et depuis, il poursuit sur sa lancée, livré à lui-même.Notre existence représente à peine le temps d'un flash photographique sur une durée fictive d'un an dans l'histoire de l'univers. Et il faudrait que cette vie-là, cette infime petitesse de durée, soit considérée comme l'achèvement absolu de la Création? Allons donc!