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Musique

  • Graspop 2017 / vendredi

    La journée du poisson se place sous le signe des choix cornéliens: Decapitated ou Battle Beast?
    Solstafir ou Sepultura?
    On décide de splitter certains concerts, quitte à louper les climax...l'économie est la science des choix entre des besoins illimités et des ressources limitées, nous fonctionnerons donc à l'économie.
    On commence en mode grandguignol et atours gothique sur fond de black/death fortement teinté de psychédélisme : la bonne surprise que m'a faite Tribulation au Metal méan se confirme.

    Je décide de faire l'impasse sur Decapitated au vu du reste du programme du Marquee, je me dis que question lourdeur on sera servis avec Melechesh, Rotting Christ entre autres.
    Je vais donc découvrir Battle Beast et sa chanteuse qui ressemble à un mélange improbable entre Lady Gaga et Joan Jett.
    Ca joue bien,à l'ancienne, mais la vocaliste a parfois tendance à forcer sur sa voix, alors que son coffre naturel devrait lui éviter ce genre de travers. Je retourne au Marquee pour la fin du show des polonais de Decapitated, qui confirme qu'ils sont de retour en mode char d'assaut.
    Le temps de se rafraichir avec un smoothie, et en route pour la brutalité d'un Melechesh guerrier, mâtinée de mélodies orientales reconnaissables à coup de dissonances. Le groupe est en forme, et l'atmosphère moite du Marquee leur permet d'imposer son death technique et vengeur sans le moindre problème.

    Je fuis le show de Psychotic Waltz : décidément le mélange grosse guitares hargneuses et voix claires ne me dit rien. Comeback Kid non plus, qui aurait plus sa place sur la Jupiler Stage avec son hardcore pour skaters et gangsta "viril" de New York.Heureusement, Blue Oyster cult nous fait faire un bond dans le passé, et même si la voix du chanteur a subi les affres su temps, le son totalement enfumé du combo est bien là,avec ses passages grandiloquents, et ses solos d'une fluidité exemplaire, l'inévitable "Don't fear the Reaper" venant clôturer le set avec le sentiment du devoir accompli.
    Un peu de patience, et voilà les Grecs de Rotting Christ qui prennent possession de la scène. Les Hellennes savent tenir leur public, et des spectateurs enthousiastes répondent à chaque intervention du chanteur. Entre black martial et mélodies orientales (proches dans l'esprit, sinon dans le son, d'un Melechesh par exemple) le combo met le Marquee à genoux et les musiciens sont visiblement exténués mais heureux, si on en juge par les larges sourires échangés entre les membres du groupe.

    Solstafir en concert, c'est un peu comme prendre un calmant avec pour effet secondaire d'activer en MÊME TEMPS l'endorphine pour calmer et l'adrénaline pour réveiller. On n'est plus dans le metal au sens propre du terme, mais en fait...tout le monde s'en fout. La musique du groupe venu du pays des volcans (actifs ceux-là, comme l'a récemment prouvé l'Eyfajjallajokul- à vous souhaits) navigue entre le post rock, le doom psychédélique et des passages éthérés à la Sigur Ros venu..ben tien, d'Islande aussi. Planant sans avoir besoin de fumer un joint, un exploit.

    La fin du show de Sepultura confirme que malgré de solides albums sortis depuis, ce sont toujours les titres de l'ère Max qui fédèrent le plus. Constat amer que de se sentir obligé de capitaliser sur son passé, alors de Derrick a occupé le poste à la carotte depuis plus longtemps au final que son prédécesseur.

    Amenra...de la douleur a l'état brut, une attitude jusqu'au boutiste. Le chanteur tourne constamment le dos à la scène, et semble atteint de TOC. On sent que le gars ne joue pas un rôle, il dégueule littéralement ses tripes dans un micro qui n'en demandait pas tant. Mais au bout de 20 minutes, je sens comme un malaise : ces hurlements continus, en mode monotone et monocorde, finissent par me taper sur le système. Pourtant, musicalement, le groupe tient la barre très haut et alterne les passages plus éthérés et le morceaux plombés à l'image d'un Cult of Luna qui aurait oublié de prendre son Xanax quotidien.

    J'embraie avec les frenchies d'Alcest. Un voyage onirique, planant : la majeure partie des titres est chantée en chant clair et d'une voix douce, souvent en harmonie avec le guitariste. Les passages plus rageux sont là pour rappeler que le groupe n'a pas renié ses origines strictement black, comme le dernier album l'a prouvé. Shoegaze peut-être, ouaté certainement pas.

    Epica en mode pyro,la pilule passe moins difficilement. Il faut dire que le metal sympho à chanteuse et moi, ça fait deux. Bah, ça passe le temps...Simone a du coffre, laissons-lui au moins ça.

    Retour à la tente pour un peu de repos bien mérité, on  revient juste pour le fédérateur "The Final Countdown" d'Europe. Le bougre de Joey Tempest a encore du coffre aussi, même si les refrains sont légèrement réarrangés.
    Le contraste est rude avec Emperor : du black technique de haute volée. Ihsahn a beau avoir maintenant une dégaine de prof d'histoire, ça gueule toujours autant et l'animal vous descend le manche plus vite que les politiciens ne vous piquent votre argent.

    Enfin Rammstein au Graspop. Les Teutons débarquent pour la première fois au festival, et est visiblement attendu comme le messie.
    Pyro à gogo, peu de communication avec le public, blagues salaces...la formule est connue, mais à une différence près : les Germains qui ne sont pas cousins sourient. Si, ma brave dame...tout se perd!!Richard et Flake sont particulièrement de bonne humeur.A certains moments un flottement imperceptible se fait sentir : accords saugrenus en fin de morceau, intro très légèrement décalée...où est donc passée la rigueur allemande, ma parole? Blague à part, ces très légers couacs à peine sensibles ne changent rien aux clowneries de Till. Le bougre est déchaîné, et même un coup de boule dans le micro qui lui laisse une estafilade saignante au front ne l'empêche pas de réitérer une demi-heure plus tard.
    Après un rappel explosif ("Amerika" atomise tout et fait remuer du popotin), Rammstein a réussi l'exploit de transformer la plaine en gigantesque piste de dancefloor et en ne sacrifiant rien aux son métallique.
    Glückwunsch an Sie, meine Herren!

     

     

     

     

     

     

  • Up the Irons : Graspop 2017 /Jeudi

    Si l'édition des 20 ans avait laissé un goût amer à certains, celle de 2017 me laissera personnellement une nettement plus agréable impression.
    Tout d'abord parce que, une fois n'est pas coutume, j'avais laissé un bagage qui fait habituellement partie des effets que j'emmène chaque année lors de mon expédition en terres métalliques : LE STRESS!!

    Eh oui, cette année, j'ai décidé d'arriver à mon aise, de me lever naturellement, de prendre le temps de tout préparer calmement...et bien m'en a pris!
    Fini, la cohue du matin, fini les bousculades pour installer sa tente alors que tout le monde vous marche dessus, fini les heures d'attentes sous un soleil meurtrier...
    Parti pour 11.30, arrivé à 13.30. Déjeuner sous les arbres qui bordent le parking et qui apportent une ombre plus que bienvenue : le soleil est déjà en mode four thermique et ne s'en départira que la durant la journée de vendredi.

    Coup de chance : on installe la tente en 2 temps trois mouvements (merci à mon amie métallique d'avoir pensé à acheter un modèle gonflable) et surtout à quelques dizaines de mètres de toilettes et à 6 mins de l'entrée du festival.
    Encore un aller retour avec les vivres et les sacs de couchage, un peu de repos, le repas du soir, et en route pour les premiers concerts.
    Pour cause de logistique, je loupe King Hiss, Wolves Scream et Hexamera. La Jupiler Stage ne m'attire pas du tout : entre hardcore et musique pour punks à chiens, la programmation de ladite scène ne m'a jamais intéressé, et il en sera de même pour chaque édition.

    Les choses sérieuses démarrent avec Slayersemble. Le chanteur est appliqué, c'est une évidence, même si sa voix s'éloigne très fort de Tom Araya et lorgne plutôt du côté d'un Tom Angelripper de Sodom.
    On fait le yoyo entre le Marquee et le Dôme pour voir Thurisaz, qui ne me convainc qu'à moitié : riffs prévisibles, alternance  chant clair/death pas toujours bienvenue...peut mieux faire.

    Sur le papier, Brides of Lucifer a tout pour faire le buzz : des covers de grands classiques metal avec de grosses guitares et entre 15 et 20 chanteuses en mode lyrique.
    Oui mais voilà...ça, c'est sur le papier. Dans la pratique, le groupe alterne des réussites (une version surprenante du "O Satan O Father O Sun" des polonais de Behemoth ou le "Painkiller" de qui-on-sait) avec le franchement raté ("Walk" et "South of Heaven", entre autres) mais surtout, on sent bien la patte du compositeur de Scala, qui avait déjà défiguré des classiques pop avec ses arrangements simplistes et les tonnes de sucre qu'il appose sur des titres rugueux au départ. Et pour cause : les 20 chanteuses sont le choeur de Scala au grand complet.
    A voir une fois, mais au grand jamais je n'irais acheter l'album.