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Rédaction - Page 16

  • Les voyages immobiles

    Il existe un endroit où je ne vois pas grand-monde. Un lieu pas très éloigné, à la longitude et la latitude incertaines,un lieu qui n'est répertorié sur aucune carte.

    Je m'y rends quand je peux, c'est à dire pas très souvent ces derniers temps. A chaque fois, je retrouve de vieilles connaissances, des visages familiers, des couleurs que je croyais avoir perdues. J'y vois des amis se serrant la main, se disant" Comment vas-tu?", ils se disent même "Je t'aime". C'est une terre où on vient comme on est parti, sans bagages, parce que tout est déjà sur place. Un lieu où la notion de frontière ou de limite est abolie, un endroit où le mauvais temps est phénomène inconnu. Les nuages se promènent paresseusement dans le ciel, le soleil s'amuse à rendre la vie plus belle qu'elle ne l'est d'habitude...et la vie s'en porte bien.

    Je ne sais pas si c'est une île. Je crois que c'en est une, parce que l'océan qui l'entoure est sauvage, et les falaises qui la bordent rendent l'accession impossible pour qui n'y est pas préparé. Au sommet d'une montagne, une forteresse aux pics acérés se dresse menaçante, contre ce ciel d'un bleu si vert. Quelquefois, au crépuscule, je frissonne en la regardant, si fière, majestueuse dans son arrogance, aux longues tours élancées et aux gargouilles effrayantes postées sur ses créneaux. Lorsque la nuit tombe, une complainte se mêle au chant du vent nocturne, et son prisonnier s'épuise à détruire les barreaux qui le maintiennent éloigné des paysages riants en contrebas. Oh, quelques courageux ont bien tenté d'entrer de force à l'intérieur de ce donjon, mais les gardes qui en défendent l'entrée sont invincibles. Ils sont deux, frère et soeur; jumeaux et pourtant dissemblables. Ils s'appellent Orgueil et Peur. Quels noms étranges, se disent les habitants de l'île.

    Quand je regarde sur une carte, je n'en vois pas la trace. Elle est là, pourtant. Quelque part. Elle existe, je le sais. Pour la retrouver, il me suffit de fermer les yeux et de me rappeler que cieux sont bleus, que les roses sont rouges,de les voir éclore, pour toi et moi... d'entendre les bébés pleurer, de les voir grandir, ils en apprendront bien plus que je ne saurai jamais, et de me dire...quel monde merveilleux. 

  • Si c'est telle...

    Parce que m'accompagner sur cette route étrange lui demande chaque jour autant de folie que de courage
    Parce que mes humeurs d'orage passent sur elle comme une ondée de printemps sèche à la la chaleur 
    Parce que mes levers et mes couchers sont sans soleil si je ne l'entends pas rire
    Parce que c'est telle qu'elle est,que je suis au plus près d'elle et pourtant si loin
    Parce que même sur Mars, être près d'elle est avant tout un état d'esprit
    Parce que chaque fois qu'elle me quitte, une partie de moi s'éteint
    Parce qu'enfin tout ce qu'elle est me fait trouver un centre fixe dans cette spirale incontrôlable
    A elle, je dis merci. Merci à la vie de m'avoir laissé rêver un instant ou deux, merci au monde de m'avoir donné une amie dont l'âme a la beauté du diamant, dans un écrin abîmé par le temps. Et pour la remercier, je ne trouve rien de mieux que ce superbe texte de Moustaki

    "Si vous la rencontrez bizarrement parée,
    trainant dans le ruisseau un talon déchaussé
    Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
    Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordures
    Au visage fardé de cette pauvre impure
    Que déesse famine, par un soir d'hiver
    a contraint à relever ses jupons en plein air.
    Cette bohème là c'est mon bien ma richesse,
    Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse...


    La femme qui est dans mon lit
    N'a plus vingt ans depuis longtemps
    Les yeux cernés par les années
    Par les amours au jour le jour
    La bouche usée par les baisers
    Trop souvent mais trop mal donnés
    Le teint blafard, malgré le fard
    Plus pale qu'une tâche de lune

    La femme qui est dans mon lit
    N'a plus vingt ans depuis longtemps
    Les seins si lourds de trop d'amour
    Ne portent pas le nom d’appâts
    Le corps lassé trop caressé
    Trop souvent mais trop mal aimé
    Le dos vouté semble porter
    Des souvenirs qu'elle a dû fuir

    La femme qui est dans mon lit
    N'a plus vingt ans depuis longtemps
    Ne riez pas, n'y touchez pas
    Gardez vos larmes et vos sarcasmes
    Lorsque la nuit nous réunit
    Son corps ses mains s'offrent aux miens
    Et c'est son cœur couvert de pleurs
    Et de blessures qui me rassure "
    En voici deux versions, la première de l'intouchable Serge Reggianni
    http://www.youtube.com/watch?v=k57Zbo_mnWY
    Jetez une oreille sur  l'autre, déglinguée, poignante, d'une détresse absolue chantée par un Arno qui n'a jamais sonné aussi mélancolique.

  • Intouchables

    Le post de Luc Trullemans n'arrête pas de créer des vagues au sein du "gotha" intellectuel de notre pays. Quand je dis gotha, je devrais dire "ramassis de fouille-merde, de bien-pensants vomitifs, de gauchos décérébrés et autres politiquement corrects nauséeux", mais je me verrais sans aucun doute traité de populiste (pouah, l'insulte!).Alors j'utiliserai donc le mot gotha.

    Je ne reviendrai pas sur l'opportunité de poster de tels messages. Quand on est un personnage "public" -et encore, il y aurait beaucoup à dire sur l'aspect public d'un météorologue d'une chaine poujadiste-on a des restrictions qui s'appliquent deux fois plus qu'au citoyen lambda. De là à dire qu'en tant que personnage public, on n'a pas le droit d'avoir une pensée déviante de la Grande Pensée Unique, il n'y a qu'un pas...

    Le véritable malaise se situe ailleurs.Je n'ai entendu aucune voix attaquer le fond du problème, à savoir : Mr Trullemans a été agressé deux fois en six mois par des "jeunes". Jeunes? Doux euphémisme pour définir une vermine issue de l'immigration, qui souille en premier les membres de cette même immigration qui essaient à tout prix de s'élever de la fange qui les entoure. Non, on préfère crier haro sur le messager, plutôt que s'attaquer à la base. Moi je dis : assez! Assez de cette hypocrisie. Jusqu'à quand nous laisserons-nous engloutir par cet océan de lâcheté qui cache son nom sous le vocable séduisant d'anti-racisme?

    Ou bien je me trompe totalement? Peut-être que ce n'est pas de la lâcheté? Peut-être est-ce ici un calcul bassement électoraliste, et qui atteindra ses limites en même temps que ses chers défenseurs passeront la frontière des paradis fiscaux qu'ils lorgnent depuis longtemps, en ayant auparavant siagné le pays à blancs au profit de parasites vicieux comme la teigne?Ah, paranoïa quand tu nous tiens...