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Rédaction - Page 15

  • Faux-Semblants

    J'ai déjà parlé des quelques rares personnes qui m'apportent soutien et appui dans les moments difficiles. une lumière brillante dans un tunnel sombre et boueux, une flamme pure et chaude qui me donne la force me relever à chaque fois que je tombe.

    Parfois, même ce soutien ne suffit pas. Quand je constate autour de moi à quel point ce monde est pourri jusqu'à la moëlle,et que ce sont toujours ceux qui dénoncent l'injustice et la vérité qui se font chasser, j'ai aussi envie de baisser les bras. Le problème, c'est que je ne sais rien faire d'autre.
    Je ne sais pas faire semblant que tout va bien. Je ne sais pas sourire à des gens qui m'écrasent, demander des nouvelles de la famille d'untel dont je me moque complètement, faire semblant d'être proche de quelqu'un envers qui je ressens au mieux une indifférence polie.

    Non, ce monde ne va pas bien. Non, les gens ne sont pas fondamentalement bons.Et non, je ne veux pas me rendre volontairement aveugle et sourd.
    Je hais l'humanité pour ce qu'elle est.Mais quelques individus surnagent. Ce sont des êtres marqués par la vie, qui ont essayé et essayent en permanence de s'améliorer. Ce sont ceux-là seuls que je veux côtoyer. Le reste peut mourir instantanément, la terre ne s'en porterait que mieux.

  • Commentaire (né sous) X

    Il y a un fantôme sur ma page. Si, si. Une dame, probablement décédée. Enfin, dans ma mémoire du moins. J'ai vu apparaitre il y a peu un commentaire charmant sur un de mes textes. Je me suis permis de l'enlever, non par prudence, mais tout simplement parce que j'estimais que la teneur n'était pas en adéquation avec le post sous lequel il était attaché.

    Le souci, c'est que l'auteur n'a pas daigné mentionner son nom, indiquant juste qu'il s'agissait d'une inconnue. Jusqu'à preuve manifeste de son existence physique, je la considère donc comme un fantôme probablement délicieux issu visiblement de mon passé récent. Esprit, es-tu là?

     

  • Les voyages immobiles

    Il existe un endroit où je ne vois pas grand-monde. Un lieu pas très éloigné, à la longitude et la latitude incertaines,un lieu qui n'est répertorié sur aucune carte.

    Je m'y rends quand je peux, c'est à dire pas très souvent ces derniers temps. A chaque fois, je retrouve de vieilles connaissances, des visages familiers, des couleurs que je croyais avoir perdues. J'y vois des amis se serrant la main, se disant" Comment vas-tu?", ils se disent même "Je t'aime". C'est une terre où on vient comme on est parti, sans bagages, parce que tout est déjà sur place. Un lieu où la notion de frontière ou de limite est abolie, un endroit où le mauvais temps est phénomène inconnu. Les nuages se promènent paresseusement dans le ciel, le soleil s'amuse à rendre la vie plus belle qu'elle ne l'est d'habitude...et la vie s'en porte bien.

    Je ne sais pas si c'est une île. Je crois que c'en est une, parce que l'océan qui l'entoure est sauvage, et les falaises qui la bordent rendent l'accession impossible pour qui n'y est pas préparé. Au sommet d'une montagne, une forteresse aux pics acérés se dresse menaçante, contre ce ciel d'un bleu si vert. Quelquefois, au crépuscule, je frissonne en la regardant, si fière, majestueuse dans son arrogance, aux longues tours élancées et aux gargouilles effrayantes postées sur ses créneaux. Lorsque la nuit tombe, une complainte se mêle au chant du vent nocturne, et son prisonnier s'épuise à détruire les barreaux qui le maintiennent éloigné des paysages riants en contrebas. Oh, quelques courageux ont bien tenté d'entrer de force à l'intérieur de ce donjon, mais les gardes qui en défendent l'entrée sont invincibles. Ils sont deux, frère et soeur; jumeaux et pourtant dissemblables. Ils s'appellent Orgueil et Peur. Quels noms étranges, se disent les habitants de l'île.

    Quand je regarde sur une carte, je n'en vois pas la trace. Elle est là, pourtant. Quelque part. Elle existe, je le sais. Pour la retrouver, il me suffit de fermer les yeux et de me rappeler que cieux sont bleus, que les roses sont rouges,de les voir éclore, pour toi et moi... d'entendre les bébés pleurer, de les voir grandir, ils en apprendront bien plus que je ne saurai jamais, et de me dire...quel monde merveilleux.