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Perso - Page 14

  • Coup de coeur musical: Chapter 13, de Gorefest

    Le cas de Gorefest reste un exemple d'une malchance phénoménale, celle de louper le coche continuellement. Ou plus exactement celle d'être ou trop en avance, ou trop en retard sur le train qui passe.

    Après un Erase unanimement acclamé, les Bataves emmenés par un Ed Warby au jeu de toms monstrueux de groove et de patate carabinée, prennent un virage pour le moins osé. Le premier titre donne le ton, aux forts relents de rock'n roll poisseux et enfumé, avec de ci, de là quelques poussées sludge et post-punks des plus surprenantes. Bien sûr, la voix grumeleuse de Jan Chris de Koeyer est immédiatement reconnaissable, avec son éternel glaviot glaireux coincé au fond de la gorge, mais les cavlacades de double grosse caisse ont quasiment disparu, au profit d'une percussion nettement plus aérée, tout en étant épatante de lourdeur sur les toms clairs et les cymbales. Le son s'est globalement assourdi et épaissi, aidé en cela par une production étouffante, un peu à l'image d'un Suffocation ou Immolation, toutes proportions gardées.

    Là où l'album détone vraiment, c'est dans les solis de guitare, nettement plus rock et mélodique que par le passé, wah-wah à fond les ballons et descente en arpèges au programme. Ce feeling rock traverse tout l'album; on notera au passage que la plupart des chansons se conjugue en mid tempi, voire low. Pas que le propos se soit adouci, loin de là, certains morceaux comptent même parmi les plus lourds que le groupe aie jamais composés comme Broken Wing ou Repentance.

    Une autre innovation est à chercher du côté du traitement de la voix : ça part un peu dans tous les sens, du vocoder vicieux à un chant clair (le seul point faible de l'album, heureusement utilisé avec parcimonie, et intelligemment), en passant par un chant post-punk pour le moins réussi (F.S. 2000). Cette démarche accentue le feeling new-wave/ post-punk de l'album, sorte de copulation contre-nature entre un Killing Joke sous champignons et Entombed avec une gueule de bois. C'est dire la lourdeur des morceaux et leur penchant foncièrement rock'n roll cradingue.

    Alors non, Gorefest n'a pas fait "du Gorefest". Les Hollandais ont eu le courage, après un succès planétaire, de s'aventurer là où on ne les attendait pas. Peut-on décemment leur en vouloir? N'est-ce pas le propre d'un artiste au sens noble du terme de repousser ses limites? Comme Napalm Death avant eux avec le tryptique Diatribes, Words from Exit Wounds ou Utopia Banished, Gorefest teste, essaie, découvre.

    Il est entendu que toutes les expérimentations ne sont pas des réussites, loin de là. La liste est longue dans les écarts de conduite douteux: Annihilator avec Remains, Morbid Angel avec Illud Divinus Insanum, et j'en passe...Le combo l'a payé cher, puisqu'après un Sole Survivor encore plus expérimental, il splitte dans l'indifférence générale. Malgré un retour réussi en 2005 d'abord avec La Muerte, puis 2009 avec Rise to Ruins, la sauce ne prend plus.

    Ce n'est pas faute d'avoir voulu plaire à SON public, en revenant aux racines d'un death mid tempo puissant et groovy, mais rien n'y fait. La mode des groupes de death proposant de vraies chansons est révolue, les années 2000 verront s'accentuer le tournant vers des genres plus brutaux ou plus techniques. En 2009, le groupe se sépare définitivement. Reste quelques brûlots, et un certain regret, comme la mélancolie qui s'échappe d'un F.S. 2000 avec ses arpèges mineurs et son accroche que n'aurait pas reniée un Joy Division de la grande époque.

     

     

  • La lâcheté de Facebook

    Cela fait maintenant plusieurs fois que mon compte est désactivé. Cela arrive, curieusement, à chaque fois que j'attaque ouvertement certaines pages, certains profils...qui font ouvertement l'apologie d'une certaine forme d'islam. Un islam dévoyé, qui ressemble plus au nazisme qu'à une religion qui se veut tolérante et prônant l'ouverture sur les autres.

    A chaque dénonciation, je reçois systématiquement la même réponse "Nous estimons que le profil/ la page/ la page ne va pas à l'encontre des standards de notre communauté". Ce qui en dit long sur la gangrène qui a déjà empoisonné ce site. Facebook, décidément, sent de plus le soufre et l'odeur nauséabonde d'un... bouc plus proche du Diable que du Ciel promis par ces mêmes faux prophètes.

  • Les "reéelophobes"

    Depuis peu, j'ai développé une aversion pour les sites dits "sociaux". Sociaux? La bonne blague. La plupart du temps, les utilisateurs passent plus de temps à consulter les publications débordantes de médiocrité , à "liker" tel ou tel commentaire insipide, telle ou telle publication sans aucun intérêt sur la vie privée d'une personne sans aucun intérêt non plus. Facebook représente à mes yeux le point culminant de la génération RealTV, qui établit son échelle de valeurs en fonction du nombre de vues d'une page personnelle, en se foutant complètement de la qualité intrinsèque de la personne que de toute façon, ils ne rencontreront probablement jamais dans le monde réel.

    Le second effet pervers de Facebook (entre autres) est d'avoir engendré une classe de spécimens curieux, qui ne vivent qu'à travers leur écran. Des gens que l'on pourrait qualifier de sociopathes, au sens où ils refusent systématiquement le contact tangible, prétextant les excuses les plus invraisemblables pour ne pas se confronter à la réalité : réalité de la vie, des gens, du vrai contact face à face. Ces gens fuient la réalité, se réfugient dans un univers aseptisé, où leurs contacts se résument à un échange via écran interposé. Ils vivent dans des tours d'ivoire mentales qu'ils se sont eux-mêmes construites, perchés au sommet d'une montagne d'illusions ineptes. Leur peur de la réalité les a transformés en être incapables de s'adapter au vrai monde, incapables d'encaisser les coups que donne la vraie vie, incapables d'aimer ou de laisser des personnes en chair et en os. Ils vivent leurs émotions au travers du filtre protecteur de leur clavier.

    Je les appelle les "réelophobes". Je n'ai aucune pitié pour ceux qui sont trop faibles pour regarder la vie en face. Le monde appartient à ceux qui ont su apprendre à encaisser, ceux qui se lèvent chaque matin en regardant au-dehors et se disent en observant leurs contemporains "A nous, mes gaillards". Les faibles n'ont pas leur place dans mon monde, et je ne veux aucunement du leur.