Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Passions - Page 6

  • Moi j'enmairde l'ortograf'!

    Je suis un utilisateur assidû des salons de chat (et non tchat, c'est un terme anglais). J'y passe en moyenne une heure par jour. Et c'est avec un effroi certain que je constate que la qualité d'écriture générale baisse à une vitesse vertigineuse. Pour dire, je suis obligé de lire certains des messages à voix haute pour en comprendre le sens.

    Certains arguent que c'est dû au langage SMS, que l'abréviation devient la norme. Mais je constate souvent des ajouts ou des erreurs qui ne raccourcissent aucunement, et qui n'en rendent pas le mot concerné plus compréhensible pour autant.

    Quand on écrit "je s'est" à la place de "je sais",quand on place un "t" à la place d'un "d" ou un "s" à la fin d'un mot, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un effet SMS. Même si l'on ne peut nier que l'usage fréquent de ce type de message n'a certes pas dû aider les locuteurs à garder un niveau élevé.

    Les raisons sont multiples : manque de lecture des jeunes-mais pas que, manque de suivi dans l'enseignement...quand on pense que certains avaient voulu supprimer les cours d'orthographe en primaire et secondaire, il y a de quoi se poser des questions.

    Au-delà de cette perte progressive d'une maîtrise de la langue, je note aussi et de plus en plus un raccourcissement et une simplification des idées. Cette réflexion rejoint celle que m'avait suggérée ma fidèle lectrice, et explique en partie pourquoi la masse populaire devient de moins en moins apte à s'exprimer de façon réfléchie. Toute la communication actuelle semble ne se dérouler que dans l'instant, sans aucun recul, et dans un nivellement par le bas sinon voulu, au moins bien aidé par les médias. L'exemple le plus frappant est Twitter, qui a récemment montré à quel point son usage pouvait se révéler à double tranchant. Et de toute façon, comment espérer que l'on puisse développer un sujet correctement sur des messages de deux phrases?

    Je joue mon Don Quichotte, sans doute. Et Cervantés doit bien rire de mes combats un peu désespérés. Mais tant que je ne me serai pas fait désarçonner par des moulins à vent, je chevaucherai la Rossinante de mes espoirs que la langue française, cette langue que j'aime, que je respecte parce qu'elle me permet de m'exprimer et de pouvoir signaler ce qui me et vous touche, que cette langue donc se relève de cette fange où la mettent les SMS-ophiles et autres illettrés néo-technologiques.

  • Grandeur et décadence

    Ma plus fidèle lectrice m'a gentiment reproché aujourd'hui d'écrire des textes très, très, vraiment très longs.Je dois bien admettre que je suis atteint très fréquemment d'éléphantiasis littéraire. Il faut bien que je sois grand d'une façon quelconque....

  • coup de coeur Musique 1

    En effectuant de menus travaux de nettoyage, j'ai remis la main sur un des trésors cachés de ma cdthèque . Enfin, pour être plus précis, de la partie la plus bruitiste de celle-ci. Un album d'une rare perfection avait en effet quasiment disparu de ma mémoire, coincé quelque part près d'un Entombed des familles (Wolverine Blues) et le live d'Emperor. Avouez qu'avec de telles références juste à ses côtés, il y a de quoi se sentir tout petit. Et pourtant....

    L'album Crimson, du fabuleux groupe de Dan Swäno Edge of Sanity est une perle. Jamais le metal suédois n'avait jusque là atteint un tel équilibre entre lourdeur et envolées lyriques, entre simplicité apparente des riffs et intelligence de composition. L'alternance de passages au groove entêtant et les ponts progressifs, parfois à la limite du rock psyché des premières heures-on n'est pas loin de Pink Floyd par moments, ce grain particulièrement graisseux des guitares qui n'enlève rien à leur tranchant mélodique,et par-dessus tout, cette voix époustouflante capable de gronder dans les graves aussi bien que poser un chant clair d'une limpidité ahurissante comme seul un Michael Akerfeldt pouvait le faire.

    Le pari audacieux de n'en faire qu'une seule piste renforce encore la nécessité de s'immerger dans l'oeuvre toute entière. Edge of Sanity n'a jamais pris ses fans pour des brutes épaisses. Au contraire, il a prouvé depuis ses débuts que le metal pouvait combiner puissance et finesse sans se dénaturer. Cet album marquera une étape cruciale dans son évolution, et les albums suivants, tout du moins jusqu'à Infernal, prouveront que le génie peut parfois surgir des profondeurs les plus obscures.