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Passions - Page 5

  • Up the irons 2ème partie


    Le samedi, la programmation s'est révélée plus chaotique, et j'ai assisté à certains concerts dans une ligne temporelle fragmentaire.

    Dans le désordre :

    Hypocrisy terrassant. Peter tatgren en grande forme, alterne pour une grande partie des morceaux atmosphériques avec quelques tueries issues du passé, comme "left to rot". Nous décidons de laisser le final aux pogoteurs et allons rejoindre la fin du show  virile et enfumée de Down. Phil Anselmo est en voix, le set termine avec le brulôt imparable "Stone the crow" et un final dantesque sur le bien nommé "Bury me in smoke" rallongé de nombreuses minutes durant. Le Phil est déchaîné, se cogne à de nombreuses reprises le crâne contre le micro (au point de se faire quelques estafilades) et les musciens assurent avec une régularité de métronome. Le dernier titre voit également monter de nombreux fans sur scène pour achever le set dans une ambiance de folie.

    Within Temptation se révèle lassant au bout de 2 morceaux. Ecoute en fond, près du bar et entre allées et venues pour récupérer des gadgets idiots mais bien fun en échange de verres en plastiques ramassés.

    Bullet for My valentine, désolé, mais le chant alterné growls hardcore trop lisses et le chant teenage, je n'accroche pas, mais pas du tout! Les p'tit djeunz n'en ont cure, et le pit est bien musclé. Musicalement, le style tient la route, mais n'a pas une once d'originalité.

    Iced Earth a été la première claque de la soirée, avant un Slipknot conquérant. Jon Schaefer est fier de son dernier bébé, Dystopia, puisque pas moins de 4 morceaux seront joués ce soir. Le nouveau chanteur est un monstre de puissance, avec des poussées suraigües à la Judas Priest pas désagréables. Un des meilleurs shows du jour.

    Voir UDO...et mourir. A l'instar d'un Saxon toujours vaillant sur album mais croulant en live, ÜberStampFürher est fatigué sur scène et ça se voit plus que ça ne s'entend. Vocalement, l'Allemand tient toujours la forme et les "Metal heart" et autres" Balls to the wall" issus de son glorieux passé au sein d'Accept font toujours mouche, mais voir un papy fatigué bouger à peine a quelque chose d'assez pathétique. Tout comme Saxon et son hard rock solide certes, mais franchement daté. De plus, contrairement à Udo, Bill Byford n'a jamais été un chanteur hors pair, et le set devient vite poussif.

    Steak Number Eight me laisse dubitatif. Leur musique est originale, quelque part entre hardcore, doom , stoner couillu et poussées drone, mais un poil trop hermétique pour entrer à fond dedans.

    Brainstorm : l'exemple même du classicisme à la teutonne. Chant surpuissant, rythmiques en béton, mais sensation de déjà-vu installée dès le troisième morceau. On zappe rapidement. 

    Rockstar, ou l'agonie d'une ancienne star. Voir un garçon comme Tim Ripper Owens et son organe spectaculaire (pas celui-là, bande de cochons!) gâcher son talent au sein d'un groupe de reprises fait mal au coeur. Même si le bonhomme prétend avoir lancé son combo "pour le fun et par amour des classiques" et qu'on ne peut pas résister sur des "Hell bent for leather", "Hurricane" ou "it's so easy", soit des classiques absolus, on ne peut s'empêcher de songer qu'à force de manger à tous les rateliers, le Ripper finira plus par ripper sur nos nerfs qu'autre chose.

    Aura Noir: j'arrive en fin de set, et si le black thrash primitif à la Celtic Frost/ Venom sent toujours la puanteur de la viande avariée au fond d'une cabane de trappeur, sur scène il faut bien dire qu'il ne se passe pas grand-chose. Tout le contraire d'un Sylosis qui, sur une base thrash puissante, rajoute quelques touches néo ou polyrythmiques à la Meshuggah assez sympathiques.

    Amaranthe: le mélage pop/électro/neo lourd avec chant caverneux montre ses limites au bout de quelques morceaux à peine. Si le groupe est vivace, la musique ne suit pas et devient mollassonne, trop prévisible.

    Le gros morceau du jour , Slipknot: les cinglés de Des Moines mettent rapidement le feu à la main Stage. On peut regretter que le groupe de l'Iowa semble un peu en pilotage automatique, avec quelques morceaux de bravoure attendus ,"Spit it out" ou "Wait and Bleed" par exemple, il n'en reste pas moins que les frappadingues sont carrés au possible et assurent le show comme seuls les habitants du pays des burgers savent le faire. Interaction continue avec le public, batterie pivotante, énergie physique communicative...un sans faute, mais sans grande surprise non plus. Hélas,c'est aussi la fin de soirée pour les foies. De nombreux festivaliers sont dans un  état d'alcolémie avancée, et le triste cortège de zombies imbibés se met lentement en route.

    Retour sous une fine pluie glacée, l'air s'est considérablement refroidi et les deux sacs de couchage ne sont pas de trop sous la tente, sans oublier le bonnet.
    Bonne nuit les petiots.

     

     

     

     

     

     

  • That's real blues, baby

    Un superbe blues écrit par un maître en la matière. Bon Scott, l'un des derniers vrais rebelles de ce monde, a écrit les paroles de cette chanson qui résume à elle seule toute ma vie. Sa voix de vieille pute en chaleur donne toute sa puissance à cet morceau; ça sent la gnôle bon marché, les aisselles de routiers et les chambres miteuses de motels crasseux le long de routes pousséreuses.La guitare d'Angus dégouline de feeling, s'allonge paresseusement sur un blues d'une limpide évidence. Le rock, le vrai, c'est ça. On n'a rien inventé de mieux. Du vrai, de l'authentique. La vie, en somme.

    So long, Scott..see ya on the other side, bro'

     

    Ride On Angus Young / Malcolm Young / Bon Scott

    It's another lonely evenin'
    in another lonely town
    but I ain't to young to worry
    and I ain't to old to cry
    when a woman gets me down

    got another empty bottle
    and another empty bed
    ain't to young to admit it
    and I’m not too old to lie
    I’m just another empty head

    that's why I’m lonely, I’m so lonely
    but I know what I’m gonna do
    I’m gonna ride on, ride on
    standing on the edge of the road
    thumb in the air
    one of these days I’m gonna, change my evil ways
    'til then I’ll just keep
    riding on

    broke another promise
    and I broke another heart
    but I ain't to young to realise
    that I ain't to old to try
    try to get back to the start
    and it's another red-light nightmare
    on another red-light street
    and I ain't too old to hurry
    cause I ain't too old to die
    but I sure am hard to beat

    But I’m lonely, lord I’m lonely
    What I’m gonna do
    (ride on, ride on) Got myself a one-way ticket
    (ride on, ride on) Going the wrong way
    Gonna change my evil ways, one of these days
    One of these days

    Ride on, ride on, ride on, gonna ride on
    I’m gonna ride on
    lookin' for a truck
    keep on ridin'
    ridin' on and on and on and on and on and on and on and on
    (ride on, ride on) gonna have myself a good time
    (ride on, ride on) yeah, yeah ,yeah
    one of these days, one of these days

     

    Dont voici une traduction qui ne rend pas justice à cette pièce d'orfèvrerie :

    C'est un autre soir en solitaire
    C'est une autre ville seule
    Mais je ne suis pas assez jeune pour m'en faire
    Et je ne suis pas assez vieux pour pleurer
    Quand une femme me laisse tomber

    J'ai une autre bouteille vide
    Et un autre lit vide
    Je ne suis pas assez jeune pour l'admettre
    Et je ne suis pas assez vieux pour mentir
    C'est juste une autre tête vide

    C'est pour ça que je suis seul...je suis si seul
    Mais je sais ce que je vais faire
    Je vais aller de l'avant, continuer
    Me tenant sur le côté de la route, pouce en l'air
    Un de ces jours,je vais..changer mes mauvaises manières
    Jusque-là, je vais continuer

    J'ai brisé une autre promesse
    Et j'ai brisé un autre coeur
    Mais je ne suis pas assez jeune pour réaliser
    Que je ne suis pas assez vieux pour essayer
    Essayer de revenir au point de départ

    Et c'est un autre cauchemar aux néons rouges
    Et une autre rue aux lampes rouges
    Et je ne suis pas assez jeune pour me dépêcher
    Parce que je ne suis pas assez vieux pour mourir
    Mais pour sûr, je ne me laisserai pas faire

    Mais je suis seul, Dieu que je suis seul
    Que vais-je faire?
    (Je vais continuer) je me suis pris un aller simple
    (Je vais continuer) Pour aller dans la mauvaise direction
    je changerai mes mauvaises manières, un de ces jours
    Un de ces jours
    Continuer, continuer, continuer,je vais continuer
    Je vais continuer
    je cherche un camion
    Continuer à aller de l'avant
    [...]Continue encore et encore
    (continue) je vais me prendre du bon temps
    (continue) oh oui
    un de ces jours, un de ces jours....

     

  • Si c'est telle...

    Parce que m'accompagner sur cette route étrange lui demande chaque jour autant de folie que de courage
    Parce que mes humeurs d'orage passent sur elle comme une ondée de printemps sèche à la la chaleur 
    Parce que mes levers et mes couchers sont sans soleil si je ne l'entends pas rire
    Parce que c'est telle qu'elle est,que je suis au plus près d'elle et pourtant si loin
    Parce que même sur Mars, être près d'elle est avant tout un état d'esprit
    Parce que chaque fois qu'elle me quitte, une partie de moi s'éteint
    Parce qu'enfin tout ce qu'elle est me fait trouver un centre fixe dans cette spirale incontrôlable
    A elle, je dis merci. Merci à la vie de m'avoir laissé rêver un instant ou deux, merci au monde de m'avoir donné une amie dont l'âme a la beauté du diamant, dans un écrin abîmé par le temps. Et pour la remercier, je ne trouve rien de mieux que ce superbe texte de Moustaki

    "Si vous la rencontrez bizarrement parée,
    trainant dans le ruisseau un talon déchaussé
    Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
    Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordures
    Au visage fardé de cette pauvre impure
    Que déesse famine, par un soir d'hiver
    a contraint à relever ses jupons en plein air.
    Cette bohème là c'est mon bien ma richesse,
    Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse...


    La femme qui est dans mon lit
    N'a plus vingt ans depuis longtemps
    Les yeux cernés par les années
    Par les amours au jour le jour
    La bouche usée par les baisers
    Trop souvent mais trop mal donnés
    Le teint blafard, malgré le fard
    Plus pale qu'une tâche de lune

    La femme qui est dans mon lit
    N'a plus vingt ans depuis longtemps
    Les seins si lourds de trop d'amour
    Ne portent pas le nom d’appâts
    Le corps lassé trop caressé
    Trop souvent mais trop mal aimé
    Le dos vouté semble porter
    Des souvenirs qu'elle a dû fuir

    La femme qui est dans mon lit
    N'a plus vingt ans depuis longtemps
    Ne riez pas, n'y touchez pas
    Gardez vos larmes et vos sarcasmes
    Lorsque la nuit nous réunit
    Son corps ses mains s'offrent aux miens
    Et c'est son cœur couvert de pleurs
    Et de blessures qui me rassure "
    En voici deux versions, la première de l'intouchable Serge Reggianni
    http://www.youtube.com/watch?v=k57Zbo_mnWY
    Jetez une oreille sur  l'autre, déglinguée, poignante, d'une détresse absolue chantée par un Arno qui n'a jamais sonné aussi mélancolique.