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Cinéma - Page 2

  • Film : Cloud Atlas

    Le dernier film des frères Wachowski est ardu. C'est un euphémisme de le dire.

    Construit comme un puzzle s'étalant sur près de 500 ans, de la fin du 18ème siècle à une Terre ravagée par un cataclysme nucléaire, en passant par les années 70, un futur ultra technologique ou règne la génocratie...Cloud Atlas suit les histoires de six personnages principaux, dont chaque époque possède une version. Tantôt bonne,tantôt maléfique, l'incarnation mouvante des personnages et les passages continuels entre les époques rendent le film assez incompréhensible durant une bonne moitié, d'autant que les repères temporels ne sont donnés qu'une seule fois au début du film.Ce n'est que vers la deuxième moitié que les pièces s'assemblent peu à peu que le spectateur voit se dessiner une trame générale qui ordonne et explique les conséquences des actes de chacun.

    La force de l'oeuvre vient du fait que chaque "histoire" a des répercussions sur les époques suivantes, et que l'interaction des personnages se fait non en temps réel, mais à des années, voire des siècles de distance. Le film est visuellement splendide- mention spéciale au directeur de la photographie, les effets de lumières sont tout bonnement impressionnants.Il est de plus porté par un casting de choix (on y voit même à deux reprises un certain Hugo Weaving, qui doit rappeler des souvenirs aux fans de Matrix), les 2h45 du film sont pleinement justifiées par l'ampleur du scénario. Si certaines parties sont plus faibles (la quête de la journaliste sur le réacteur ne m'a pas convaincu), Cloud Atlas est traversé par un souffle épique comme je n'en avais plus ressenti depuis, au hasard... Matrix, une fois encore.

  • Dredd

    Ah, Judge Dredd...icône d'une justice qu'on voudrait bien, de façon coupable, voir parfois appliquée de nos jours. Implacable, impitoyable, incorruptible. Dredd n'applique pas la Loi, Dredd EST la Loi. Du format ban de dessinnée, Hollywood avait tiré une bouse sympathique jouée alors par un Stallone en glissade douce vers la fin de carrière.

    Gentillet, naïf et pour tout dire franchement ras des pâquerettes, le film n'a pas laissé un souvenir impérissable. Il en va tout autrement de celui-ci. Malheureusement passé inaperçu lors de sa sortie, Dredd deuxième version est d'un calibre supérieur: extrêmement violent par moment, d'une noirceur morale qui n'a rien à envier à sa version papier, et surtout filmé avec une technologie ahurissante : certaines caméras filment à 4000 images/seconde!! De quoi utiliser des ralentis qui outre leur beauté graphique, ont tout leur sens dans le scénario puisqu'ils retranscrivent les effets du Slo-Mo, sorte d'euphorisant qui donne au cerveau l'impression que tout se passe 100x plus lentement.

    Un Dredd épatant, interprété par le monolithique Karl Urban -souvenez-vous, Eomer dans le Seigneur des Anneaux, c'est lui!, -à la photographie splendide, avec des filtres saturés qui donnent une ambiance particulièrement poisseuse et glauque. La linéarité simpliste de l'histoire se suit sans temps mort, alternant les passages bourrins avec les relatifs moments d'accalmie lourds de tension. Un huis-clos étouffant, une montée progressive en violence (cette scène de fusillade à la mitrailleuse lourde en plein bloc est tout simplement époustouflante) et des acteurs impliqués (Mama ferait envie à  un Hannibal Lecter) font de ce film une très honnête série B. Bien meilleure que le premier essai en tout cas.

  • The Other Guys


    Voic l'un des films les plus barrés que j'aie vus, à classer quelque part entre The Big Lebowski pour le côté déjanté assumé et l'Arme fatale sous acide.

    On a tous rêvé d'incarner le duo de flics parfaits, ceux qui sont sans cesse sous les projecteurs...par contre,personne ou presque n'a envie d'être dans la peau des "autres". Ceux de l'ombre, les gratte-papier qu'on oublie sitôt passés devant. Tenez-vous bien, l'heure de la revanche a sonné.

    Mark Whalberg (excellent à contre-emploi) et le toujours génial Will Ferrel incarnent deux flics à priori franchement ratés, embringués malgré eux dans un complot financier colossal. De gaffes en crashs, de coups de gueule en courses-poursuites aussi débiles que jubilatoires, on assiste médusé à une avalanche de situation plus loufoques les unes que les autres.Une parodie sauvage et corrosive des buddy-movies, à voir absolument en Vo et non-censurée. L'humour volontairement trash mais toujours imaginatif fait mouche, et on risque de finir écroulé de rire en bas du fauteuil en suivant les inénarrables péripéties de ce duo improbable, d'un côté le flic teigneux et sale roquet, de l'autre le mou du genou qui cache un passé trouble -et accessoirement une bombe sexuelle comme épouse.Rien que la scène d'ouverture vaut à elle seule le coup d'oeil,avec une cascade ahurissante...ainsi que la manière la plus imaginative de se débarasser d'un hélicoptère à la fin du film.

    Tout ou presque est détourné et traité avec ironie. The Rock et Samuel Jackson s'écrasent lamentablement au bout d'un quart d'heure, Michael Keaton est positivement hilarant en chef de police avec un "boulot à côté", Will Ferrel au sommet de son art en drageur malgré lui et Mark Whalberg surprenant, qui détourne avec malice ses personnages de flics habituels pour tourner en ridicule les clichés inhérents au film policier.

    Je conseille de visionner le générique jusqu'à la fin...après le franc rire gras, quelques minutes de lucidité ne font pas de mal.