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Autres - Page 6

  • le Mythe de Sisyphe

    Dans la mythologie grecque, Sisyphe, Roi de Corinthe, accueillit un jour les Dieux de l'Olympe lors d'un banquet. Il chercha longtemps le meilleur mets pour leur servir, et ne trouva rien de mieux que la chair de ses propres enfants. Lorsque les Dieux l'apprirent, ils entrèrent dans une colère noire et le condamnèrent à un châtiment exemplaire pour l'éternité : il fut condamné à faire remonter, chaque matin, un énorme rocher au sommet d'une dune de sable. Cela lui prenait toute la journée, et au matin, le rocher redévalait la pente, pour qu'ainsi le châtiment soit recommencé inlassablement.

    Ces derniers temps, je me surprends à songer, comme Leibnitz ou Spinoza, que l'existence humaine toute entière est semblable à ce châtiment, à errer sans but, sans objectif, à recommencer inlassablement les mêmes gestes chaque jour. Une continuité invariable, une affreuse ligne courbe qui revient à son point de départ sans aucune autre cause ni explication que son éternelle présence.Mais considérer cette éventualité pousse à se poser une question dont les réponses sont peut-être plus effrayantes encore: que nous reste-t-il d'autre?

  • Fan des séries des années 80

    Dans mon entourage, je connais une fan absolue des séries des années 80, dont j'avoue humblement être nostalgique. Surtout deux, en fait. Remington Steele (ah, cette coupe au bol et ces intrigues encore plus sirupeuses qu'Arabesque) et Clair de Lune, furieusement décalée pour l'époque (et qui a lancé un acteur qui a sombré dans l'anonymat par la suite, un certain Bruce Willis).

    Cette fan s'asseoit au bord de mon lit en soirée, alors que je me repasse l'intégrale desdites séries. Et elle n'en manque aucun épisode! Elle reste les yeux fixés sur l'écran, plongée avec attention et comme dans une transe hypnotique. Elle s'affale nonchalamment de tout son long, la tête orientée vers Bruce Willis et son allure de bad boy, ou Pierce Brosnan et ses redoutables yeux bleus.Et elle ronronne de plaisir quand ils apparaissent.

    Si ce n'était pas mon chat, j'en serais presque jaloux.

  • le coup de la dépanneuse 2/3

    Suite de l'épisode précédent.

    Nous voilà partis pour la fourrière. Le coup de massue tombe : 232 euros! Ô rage!Ô Fourrière ennemie! Arrivés là, première surprise désagréable: ils ne savent pas où la voiture a été mise. Nous allons, accompagnés du gardien, vérifier les voitures non-accidentées....rien. Nib. nada..Inquiétude grandissante, vous pouvez vous en douter...surtout quand il nous emmène dans le coin des véhicules accidentés. Imaginez notre horreur en voyant l'état des épaves...carcasses décharnées, ferraille tordue, bordures noircies...pour finalement revenir aux voitures "normales". Et là,deuxième surprise et de taille:la voiture n'a quasiment aucun dégât!Un barillet de serrure enlevé -proprement, très étrangement, les vitres baissées -et non fracturées ou brisées, un spoiler plastique endommagé. Mais aucun dégât réellement sérieux. En tout cas, aucun qui ne semble réellement découler d'un accident. Plus étrange encore: les rares destructions semblent plus indiquer...une tentative d'effraction. Curieux, curieux...n'est- ce pas?Surtout pour une voiture soi-disant impliquée dans un accident.

    De plus, troisième surprise désagréable: une farde de cigarettes, pourtant bien cachée derrière des coussins préalablement démontés lorsque mon amie est arrivée à Bruxelles,  a disparu.Barillet démonté, vitres baissées...tiens tiens....accident, hein?

    Sur le retour, nous nous arrêtons au commissariat le plus proche, cette fois la commune B. Nous attendons devant le guichet, où nous sommes extrêmement mal reçus par l'agent d'accueil.Celui-ci, un vieillard avant l'âge, cacochyme et acâriatre, nous tance vertement et sans la moindre once d'empathie. Je constate que la mauvaise réputation de certaines zones de police est justifiée.

    Nous commençons alors tout doucement à perdre patience, d'autant que cette impression de manigance a encore été renforcée par l'expérience de la fourrière. Le ton monte quelque peu, jusqu'à ce qu'un collègue un peu plus diplomate vienne calmer le jeu. Il retrouve la trace du fameux rapport préliminaire dont nous avions déjà entendu parler au commissariat 1 (voir premier épisode). Et là, encore plus dérangeant : il commence à lire à voix haute, et s'arrête au bout de quelques phrases, l'air visiblement gêné....

    Résumons nos hypothèses:

    -la police 1 nous dit que la voiture est impliquée dans un accident. Or,elle était garée bien sagement.Comment aurait-elle donc pu être impliquée?

    -On nous dit ensuite qu'elle a été dépannée par la police. Pourquoi? Elle était garée de façon régulière. Et si elle a été dépannée, comment aurait-elle pu ensuite être impliquée dans un accident?

    -Enfin, pourquoi les dégâts minimes?Pourquoi le rapport de police ne contient rien de tangible? Que nous cache-t-on? On voudrait nous faire une mise en scène pour cacher un vol qu'on ne s'y prendrait pas autrement....mais vol par qui?

    Nous apprenons alors que l'inspecteur responsable de l'intervention sera de retour au commissariat de la zone 1 (clui de départ donc, vous suivez toujours?) le lendemain. Nous décidons d'y aller aux premières heures.Fourbus, aigris par la somme à débourser aussi bien que par le manque total de sympathie de notre deuxième entrevue policière, nous retournons chez moi, en ruminant de sombres pensées. Mon amie, plus optimiste que moi, décide de quand même laisser une chance à l'inspecteur et d'attendre ses explications. Moi, mon idée est faite : un policier véreux a voulu se faire de l'argent de poche , et en a profité pour prendre les cigarettes. pour couvrir le tout, il a maquillé ça en tentative de vol. Et Mademoiselle Violette a tué le docteur Lenoir dans la mansarde avec le chandelier. CQFD.

     

    Suite au prochain numéro.