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  • Coup de coeur : La vie rêvée de Mitty

    Une fois n'est pas coutume, j'ai effectivement visionné le film que j'avais décidé en début de soirée. J'ai en effet l'étrange habitude de changer d'avis au dernier moment quand j'ai fixé un programme, et de regarder généralement un tout autre film que celui que j'avais prévu.

    Hier soir donc, j'avais décidé de regarder La vie rêvée de Mitty, de ET avec Ben Stiller.Pour être franc, j'étais un peu sceptique au départ. Le père Ben n'est pas réputé pour sa modération dans son jeu d'acteur, et pratique un humour généralement gras et bas du front. Ce n'est sans doute pas pour rien qu'il a été nominé plusieurs fois aux Razzies Awards, aux côtés d'un autre comédien habitué des blagues prout-caca, à savoir son vieil ami Adam Sandler.Mais allez savoir pourquoi, j'avais quand même acheté le film. Quelque chose dans le scénario m'avait plu, un je-ne-sais- quoi de feelgood-movie, l'impression que pour une fois, l'histoire lui permettrait de sortir de son carcan d'acteur pour bouses.On peut dire que j'ai eu le nez fin, puisqu'en effet, contre toute attente, le film est très agréable à regarder.

    Walter Mitty est un obscur employé au sein de la rédaction de Life, le grand magazine New-Yorkais. Il y mène une vie morne, entre son bureau au sous-sol et ses tentatives lamentables de draguer sa collègue de bureau.  Pour s'échapper de son quotidien abrutissant, Walter Mitty a souvent des moments d'absence, où il vit en imagination des situations qui le grandissent...le contraste avec la réalité apporte une touche particulièrement savoureuse, puisque celle-ci finit toujours par le rattraper.

    Tout bascule le jour où le magazine se fait racheter. A la suite de la perte d'un document,Walter se voit obligé de partir à la recherche de celui-ci, qui se trouve en possession d'un reporter free-lance passant son temps à bourlinguer dans les coins les plus isolés du globe. Lui qui n'avait jamais dépassé le New-Jersey va entamer un périple qui le mènera des fjords du Groenland en Afghanistan, en passant par l'Islande et le volcan Eyajaffallajokul (à vous souhaits).Pour Walter Mitty, ce voyage imprévu va être l'occasion, bien réelle cette fois, de vivre des aventures extraordinaires, et surtout de se découvrir lui-même au long d'un chemin intérieur.

    Certes, on nage ici dans le bon sentiment. Bien sûr, le parallèle road-movie/ voyage intérieur a déjà été utilisé. La prétention de l'acteur/réalisateur n'était sans doute pas de réinventer la roue. Mais les qualités du film sont nombreuses :
    - La photo est magnifique: les transitions réalité/vie imaginaire utilisent des filtres bien choisis qui renforcent l'impression surréaliste de la dernière.

    - Ben Stiller sait jouer. Si, si! Est-ce parce qu'il a réalisé lui-même, est-ce parce que l'histoire lui permettait pour une fois de s'immerger dans son personnage, en tout cas, il est très éloigné des grimaces habituelles et du surjeu permanent. Au contraire, à plusieurs occasions, sa sobriété lui permettent d'apporter une touche très humaine à Walter, pour qui on se prend vite d'affection et qui évolue au long du film.

    - L'humour n'est jamais gras, ou graveleux, contrairement à ce à quoi l'acteur nous a habitués. On est ici dans film aux surprenants accents poétiques, d'abord par la splendeur des paysages, ensuite par les moments touchants disséminés au long de l'histoire : le passage musical à la sortie du Karaoké, l'ascension de l'Himalaya ou l'éruption du volcan sont autant de moments contemplatifs qui donnent une force à l'oeuvre, sans s'attarder trop sur le pathos.

    - la bande-son est particulièrement soignée, et bien adaptée : Space oddity de Bowie, mélangé à la voix de l'actrice qui joue le rôle de Cheryl sur un départ d'hélicoptère, un match de football improvisé en plein camp de base dans les montagnes sur fond de feelgood-rock....autant de petits moments qui donnent une saveur sucrée au film. On n'évite pas toujours la guimauve, mais par les temps qui courent, cela fait du bien.

    Bref, un feelgood-movie qui remplit son cahier des charges de façon honorable; un Ben Stiller épatant de justesse, quelques moments bien trouvés, une belle photographie et une réalisation honnête font de ce film une oeuvre respectable de divertissement. Ma cote : 7/10.

  • Souriez, vous êtes filmés

    La commune de Molenbeek vient de tester la mise en place d'une bodycam fixée sur le torse d'un policier de la brigade cycliste.
    Le principe est de filmer les interventions afin d'éviter les bavures.
    Curieusement, depuis lors, les contrôles sont beaucoup moins problématiques.
    De là à dire que la peur de révéler son vrai visage lors des visionnages engendre une certaine hypocrisie de la part des personnes interpellées, il n'y a qu'un pas.Ou devrais-je dire que la cam réussit là où les demandes répétées des intégristes ont échoué: elles jettent le voile sur la vraie nature des habitants de Molenmerde.