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24/03/2017

Zombie or not Zombie

A l'approche du BIFFF, Festival du film fantastique de Brufelles....pardon, Bruxelles - c'est que je m'y perds avec tous ces F- je m'interroge sur cette fascination qui pousse chaque année des hordes d'amateurs à s'entasser dans des salles obscures pour visionner des pellicules animées par des cadavres en décomposition.
Plus que les vampires, plus que les loups-garous, le thème du mort-vivant a toujours fait recette, depuis les jours glorieux de George Romero et sa trilogie des Morts-vivants, où il découpait à la tronçonneuse du gore et de l'hémoglobine tous les tabous et les vices de notre société moderne :

- dérive de la science

- obscurantisme de l'armée

- la surconsommation

- la volonté de pouvoir, même dans les situations désespérées

Fascination dont je suis atteint, je l'avoue sans complexe. Rien ne vaut une bonne soirée à se vautrer dans la tripaille en regardant un Evil Dead des familles, c'est à dire le premier. Le remake de 2013 manque singulièrement d'humour, et loupe à mon sens une partie de son objectif.

Au-delà de l'aspect typiquement adolescent de braver les interdits, le thème des morts-vivants nous renvoie également à ce tabou ultime, cette frontière absolue qui départage le statut d'être vivant et donc fonctionnaliste- on me pardonnera ce néologisme barbare- d'avec une carcasse qui n'a plus ni fonction ni statut au sein d'un environnement dont il faisait encore partie quelques semaines, voire quelques heures auparavant. Cette disparition de fonction explique sans doute pourquoi, depuis l'aube des temps, les morts ont été mis à part dans tout regroupement d'individus, avant même qu'on ne parle d'hygiène ou de religion structurée. Inconsciemment, l'homo sapiens a immédiatement différencié les membres vivants de son groupe des membres décédés. Les actifs des inactifs, les fonctionnels des obsolètes.
Il est à noter que toutes les civilisations ne sont pas égales en ce domaine : l'Asie par exemple accorde une très grande place aux ancêtres décédés, le taoïsme avec son autel à Mânes en est un excellent exemple.

Pour une société matérialiste comme la nôtre, il n'est dès lors pas étonnant que les corps nous reviennent sans âme, un peu comme si le fait de mourir avait séparé définitivement l'immanent corporel du transcendant spirituel, et que les deux fonctions ne pouvaient pas coexister une fois la frontière du décès franchie.
Cette logique implicite nous renvoie au mythe de la dissociation de l'âme et du corps lors du décès, mythe universel puisque les zombies - à différencier des fantômes- asiatiques sont également affligés d'une absence d'esprit. De plus, le fait de concevoir des décédés sans esprit permet par projection de se libérer des contraintes et autres vetos de notre société moderne , qui font appel à des fantasmes enfouis dans l'inconscient collectif. Cannibalisme,inceste, nécrophilie,le zombie peut tout se permettre : il n'a littéralement plus toute sa tête!

 

 

 

 

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