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Up the irons : Graspop Metal meeting 2013

Il existe un évènement incontournable pour tout fan de musique rock au sens large, et plus spécifiquement metal. Dans un champ situé juste après Dessel, province d'Anvers, près de la frontière hollandaise, le GMM (ou Graspop Metal meeting) se tient chaque année le dernier w-e de juin. Pendant 3 jours, une tonne de décibels se déversent dans les hauts-parleurs. Hamburgers, bières, sodas, mais aussi nuits courtes, canettes écrasées, ivresses diverses et aphonie en fin de festival sont au menu.

Reprenons les évènements par ordre chronologique :

Jeudi après-midi :

Départ relativement tardif. Confirmation de congés à la toute dernière minute, stress dû au départ et au doute sur les congés accordés ou non.
Errements à la sortie d'Anvers, gros détour en campagne avant de revenir sur le droit chemin...arrivée vers 17.00, première déconvenue : le parking est loin, TRES loin de l'entrée! Un champ constellé de bouse de vaches à demi séchées...chargé la tente, le sac à dos et un tapis de sol pour un premier voyage.

Marche de +:/- 3 kms, attente de 45 mins pour avoir le précieux sésame, et encore 30 mins pour pouvoir déposer la bâche. Monté la tente une première fois. Quasiment finie, je me rends compte que la bâche a été posée à l'envers! On recommence...sur ces entrefaites, il est déjà 1900.Je décide de manger mon repas du soir, préparé par celle qui partagera ma tente les 2 prochaines nuits, mais qui pour le moment me fait défaut...monter une tente pour deux personnes une fois, passe encore...mais la démonter et la remonter encore en moins d'une heure, dur dur!!

Je refais un aller-retour, cette fois chargé comme une mûle : le diable avec la valise, le 2ème sac à dos sur les épaules,le tapis de sol coincé sur le diable...chemin défoncé, la valise tangue et bascule sans cesse...j'arrive à la tente, le temps se rafraîchit, je décide de creuser une petite rigole autour de la tente pour éviter les effets désagréables de l'eau stagnante. Rentré dans la tente, je n'ai même plus le courage d'aller à la pré-party, je décide de m'écrouler sur le tapis de sol, emmitouflé dans mon sac de couchage..;sans réaliser que je n'avais pas fermé le capuchon du tapis! résultat : un réveil courbaturé, dû à un tapis de sol dégonflé...courbatures qui resteront tenaces jusque dimanche au soir.

Le froid s'accentue, et je remercie in petto mon amie absente d'avoir insisté pour que je prenne un deuxième sac de couchage, qui vient à point nommé. Les boules quiès sont efficaces contre le bruit ambiant, et je m'endors à peu près correctement.

Vendredi  :

Crucified barbara : arrivé vers 11.45, je loupe le début du set. Hard rock classique à la motorhead, chant féminin relativement rocailleux, hargneux ce qu'il faut. Plaisant, mais sans plus. Bonne énergie sur scène, mais un peu gentillet pour commencer.Je décide de splitter certains des shows afin de me faire une idée et de partir en découverte. Après tout, le GMM, c'est aussi ça: l'aventure, la curiosité.

Generation Kill : bon son, attitude bien virile, hardcore metallisé, teinté de touches plus moderne, dans la lignée d'un Pro-Pain qui aurait intégré quelques plans plus mélodiques à la Mnemic.Bonne pioche!

J'enchaîne avec The Monolith Deathcult.Deuxième bonne surprise : leur mélange assumé de death technique et de synthé pop presque kitch apporte un vent d'originalité, bien loin des styles formatés "à la In flames"

Le début de Veil of maya me laisse sceptique...je décide de faire l'impasse, je passe devant le Marquee de Prong qui m'écorche les oreilles (désolé, mais le chant de TommY victor en live, je ne peux vraiment pas).Unleashed d'abord, et Varg ensuite font monter paradoxalement la température d'un cran, avec leur viking metal aux accents épiques pour l'un, et presque dansants pour l'autre. Le final sympathique des derniers voit monter sur scène des fans féminines qui se remuent le popotin.

Dark Funeral est une curiosité :si leur black technique est interprété avec conviction, leur absence d'un second degré parfois salutaire finit par les faire ressembler à une accumulation de clichés, mais qui reste encore loin d'un Mayhem décevant au possible, avec un son brouillon et une  batterie qui surnage au sein d'une bouillie sonore parfaitement inaudible.

Sur la grande scène, Grave Digger assure le show, la voix éraillée de Chris Bothendahl fait oublier quelques plans de guitare assez datés. Korkiplaani, je zappe; le dôme voit maintenant monter Entombed. Les vétérans suédois, avec leurs trognes de piliers de comptoir, ont un sacré bagage, et ça s'entend. La voix de LG petrov est plus grave que sur album, mais le bougre ne s'économise pas, et arpente la scène comme une marin saoûl en bordée. Fin du spectacle écourtée, mon amie est enfin venue.

Helloween ne déçoit que rarement, mais surprise : la voix d'Andi Deris est tout de même plus nasillarde sur scène que sur album. Je décide de zapper les groupes de "machin-core" comme All That Remains ou Heaven Shall Burn, et je me prépare pour le gros morceau du soir, Twisted Sister.

Rotting Christ met dans le dôme une claque phénoménale : tout en ambiances, leur dark metal teinté de black épique se finit sur un "Non Serviam" fédérateur. Coal Chamber prend la place de Soulfly pour cause d'arrivée tardive des brésiliens/Américains, et Dez fafara nous rappelle pourquoi "Loco" ou "Big truck" sont restés dans les mémoires.

Kreator met comme d'hab' le feu, le bordel, le dawa...appelez ça comme vous voudrez, mais sur scène, ça ne rigole pas. Mille a la rage, il éructe ses hymnes de guerre sans temps mort, enchaînant les brûlots comme nos politricards enchaînent les lois ineptes. Ca fusille, ça dézingue, nos teutons ne font pas de prisonnier.

Juste avant, Katatonia nous met une dose énorme de mélancolie, aidé par une set light juste magnifique.

Le dernier de Korn ne m'ayant pas convaincu du tout, je finis le concert à moitié. Papa Roach peut bien aller se faire voir ailleurs en ce qui me concerne, la fusion rap-core n'ayant jamais été ma tasse de thé.

Twisted Sister me met une sacrée claque : après 30 ans d'existence, Dee Snider a encore une sacrée voix. Même si la plupart des morceaux passent moins que les universels " I wanna Rock" ou"We're not gonna take it", répété dailleurs à l'envi pour contrer une pluie froide et battante. Heureusement, votre serviteur avait tout prévu, et c'est bien à l'abri que je passe la totalité du concert, au contraire des malheureux qui restent grelottants sous la drache nationale, et d'un Dee Snider particulièrement remonté...et trempé jusqu'aux os. Le champ s'est vidé, beaucoup n'ayant pas résisté sous l'impact conjugué du froid qui s'est abattu sur le site et de la pluie qui se déverse maintenant par hectolitres. Je termine le show de Soulfly déplacé, qui me laisse sur ma faim, l'intervention du fiston n'arrangeant rien avec son chant hurlé.

Le retour à la tente s'annonce périlleux, les bottes couvertes de gadoue, le chemin défoncé, et surtout un embouteillage monstre à l'entrée du camping. Dents lavées, écroulé dans la tente, bien au chaud sous les deux couettes, rideau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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