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Si c'est telle...

Parce que m'accompagner sur cette route étrange lui demande chaque jour autant de folie que de courage
Parce que mes humeurs d'orage passent sur elle comme une ondée de printemps sèche à la la chaleur 
Parce que mes levers et mes couchers sont sans soleil si je ne l'entends pas rire
Parce que c'est telle qu'elle est,que je suis au plus près d'elle et pourtant si loin
Parce que même sur Mars, être près d'elle est avant tout un état d'esprit
Parce que chaque fois qu'elle me quitte, une partie de moi s'éteint
Parce qu'enfin tout ce qu'elle est me fait trouver un centre fixe dans cette spirale incontrôlable
A elle, je dis merci. Merci à la vie de m'avoir laissé rêver un instant ou deux, merci au monde de m'avoir donné une amie dont l'âme a la beauté du diamant, dans un écrin abîmé par le temps. Et pour la remercier, je ne trouve rien de mieux que ce superbe texte de Moustaki

"Si vous la rencontrez bizarrement parée,
trainant dans le ruisseau un talon déchaussé
Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordures
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse famine, par un soir d'hiver
a contraint à relever ses jupons en plein air.
Cette bohème là c'est mon bien ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse...


La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps
Les yeux cernés par les années
Par les amours au jour le jour
La bouche usée par les baisers
Trop souvent mais trop mal donnés
Le teint blafard, malgré le fard
Plus pale qu'une tâche de lune

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps
Les seins si lourds de trop d'amour
Ne portent pas le nom d’appâts
Le corps lassé trop caressé
Trop souvent mais trop mal aimé
Le dos vouté semble porter
Des souvenirs qu'elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps
Ne riez pas, n'y touchez pas
Gardez vos larmes et vos sarcasmes
Lorsque la nuit nous réunit
Son corps ses mains s'offrent aux miens
Et c'est son cœur couvert de pleurs
Et de blessures qui me rassure "
En voici deux versions, la première de l'intouchable Serge Reggianni
http://www.youtube.com/watch?v=k57Zbo_mnWY
Jetez une oreille sur  l'autre, déglinguée, poignante, d'une détresse absolue chantée par un Arno qui n'a jamais sonné aussi mélancolique.

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